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Ethiopie armée politique troubles coup,PREV 26 Haziran 2019 - 15:55

Ethiopie: des dizaines de milliers de personnes honorent les responsables assassinés (PAPIER GENERAL) =(Photo+Video)= Addis Abeba, 26 juin 2019 (AFP) - Les hauts responsables éthiopiens assassinés samedi dans deux attaques en Ethiopie, dont le chef d'état-major de l'armée nationale et le président d'une région du nord-ouest, ont été honorés mercredi par des dizaines de milliers de personnes dans leurs régions natales. Les assassinats de ces cinq hauts responsables, qui s'inscrivent dans le cadre de la crise politico-ethnique que traverse le pays et qui a déjà fait plus de deux millions de déplacés, ont soulevé l'émotion en Ethiopie. Les autorités ont qualifié ces événements de "tentative de coup d'Etat" contre le gouvernement de la région Amhara (nord-ouest), une des neuf régions du pays dessinées sur les bases d'un fédéralisme ethnique. Cette théorie est toutefois mise en doute par de nombreux observateurs. A Bahir Dar, où le président de la région Amhara Ambachew Mekonnen, un de ses conseillers et le procureur général de cette région ont été tués samedi par un "commando armé", des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées mercredi dans le stade de la ville, drapés pour la plupart dans des tissus traditionnels blancs. "Nous nous souviendrons pendant des générations de ceux qui sont tombés, pour leur contribution à la région et au pays", a déclaré le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen, lui-même issu de l'ethnie Amhara, lors d'une cérémonie retransmise en direct à la télévision EBC, proche du pouvoir. "Nous découvrirons les mobiles et les intérêts de ceux qui ont commis cet acte barbare". M. Demeke a ensuite déposé des fleurs devant les cercueils des trois hommes, tués selon les autorités par un "commando armé" obéissant au chef de la sécurité de la région Amhara, Asaminew Tsige, un ethno-nationaliste qui se serait trouvé sur la sellette notamment pour avoir ouvertement entrepris de former des milices ethniques. Asaminew Tsige a été tué lundi par la police. Une fois terminée la cérémonie dans le stade, les trois cercueils doivent être emmenés vers une église orthodoxe pour un office religieux. - Marginalisés - A plusieurs centaines de kilomètres de là, à Mekele (nord), des milliers de personnes se sont rassemblées mercredi pour honorer le chef d'état-major de l'armée nationale, tué samedi par son garde du corps à son domicile d'Addis Abeba alors qu'il menait l'opération de réponse à l'attaque de Bahir Dar. Hommage était également rendu à un général à la retraite qui lui rendait visite et qui a également été tué. Les deux généraux avaient déjà été honorés mardi lors d'une cérémonie à Addis Abeba lors de laquelle le Premier ministre réformateur Abiy Ahmed avait ouvertement pleuré. Leurs cercueils avaient ensuite été transportés vers Mekele, dans leur région natale du Tigré. Ils doivent être inhumés mercredi. Le Tigré est la région d'une minorité ethnique qui, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de M. Abiy, était considérée comme la plus puissante au sein de la coalition au pouvoir. Les Tigréens sont accusés d'avoir marginalisé les Oromo et les Amhara, les deux principaux groupes ethniques, pendant de nombreuses années. Selon les autorités, Asaminew Tsige est responsable des deux attaques de samedi. - Lutte de pouvoir - Abiy Ahmed s'est efforcé depuis son entrée en fonction en avril 2018 de démocratiser le pays, légalisant des groupes dissidents et améliorant la liberté de la presse. Cet assouplissement a également permis une expression plus libre des tensions intercommunautaires et nationalismes ethniques. Les assassinats de samedi "ont mis à nu l'étendue de la crise politique", a souligné lundi le think tank International Crisis Group (ICG), notant que les réformes de M. Abiy ont affaibli la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), et les partis la composant. Ces derniers se voient concurrencer dans leurs propres régions, dont l'Amhara, par des mouvances aux ambitions ethno-nationalistes assumées. "La rhétorique de plus en plus ethno-nationaliste contribue aux violences intercommunautaires, qui ont atteint ces 18 derniers mois des niveaux sans précédent depuis de nombreuses décennies", a souligné l'ICG, redoutant que les événements de ce week-end n'amplifie violences et luttes de pouvoir. Et de rappeler que ces violences, principalement le long des frontières entre régions, ont fait plus de deux millions de déplacés dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. str-ndy/agr

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