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Ouganda Rwanda réfugiés armée procès 9 Ocak 2019 - 18:41

Ouganda: 8 gradés inculpés d'enlèvement de réfugiés rwandais Kampala, 9 jan 2019 (AFP) - Huit gradés de l'armée et de la police ougandaise ont été inculpés devant un tribunal militaire pour avoir enlevé et illégalement rapatrié vers Kigali des réfugiés de nationalité rwandaise, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Ces hommes, un colonel de l'armée et sept policiers, dont cinq hauts gradés, sont soupçonnés d'avoir remis de force en 2013 aux autorités rwandaises l'ancien garde du corps du président rwandais Paul Kagame, Joel Mutabazi, et son frère, Jackson Kalemera. L'asile avait été accordé par l'Ouganda à ces deux hommes, et Human Rights Watch (HRW) avait à l'époque accusé Kampala d'avoir "complètement échoué" à protéger M. Mutabazi, soumis à un "risque sérieux" de persécutions dans son pays natal. Les huit individus "ont comparu devant une cour martiale et ont été inculpés pour avoir enlevé et rapatrié des demandeurs d'asile rwandais depuis l'Ouganda sans autorisation", a indiqué à l'AFP le procureur militaire ougandais, Raphael Magezi. Ils avaient été arrêtés en juin 2018 et la comparution a eu lieu mardi, a-t-il précisé. M. Mutabazi a depuis été condamné à la prison à vie au Rwanda pour terrorisme et meurtre. Son frère Kalemera a disparu après l'abandon des charges pesant sur lui en 2015. Les dissidents rwandais en exil affirment qu'il a été tué par les services de sécurité. Selon l'analyste politique ougandais Mwambutsya Ndebesa, cette action judiciaire est une nouvelle preuve que les relations entre Kampala et Kigali sont actuellement des plus froides. "C'est un avertissement lancé au Rwanda pour qu'il cesse de se mêler des affaires internes de l'Ouganda", a-t-il dit à l'AFP. L'histoire de ces deux voisins de l'Afrique des Grands Lacs est depuis longtemps entremêlée. En 1959, des dizaines de milliers de Rwandais fuyant des massacres anti-Tutsi s'étaient réfugiés en Ouganda. L'un de ces réfugiés était M. Paul Kagame, devenu ensuite chef du service d'espionnage du président ougandais Yoweri Museveni. A la tête de la rébellion du FPR, il avait pris la capitale rwandaise, Kigali, en 1994, mettant fin au génocide qui a fait plus de 800.000 morts selon l'ONU, très majoritairement au sein de la minorité tutsi. Les relations entre les deux anciens alliés Kagame et Museveni s'étaient ensuite compliquées. En 2000, les deux pays s'étaient engagés dans une véritable confrontation armée dans le nord-est de la République démocratique du Congo voisine. Ces dernières années, les tensions ont repris, l'Ouganda accusant son voisin du sud d'espionnage, et ce dernier reprochant à Kampala de soutenir des groupes rebelles opposés à M. Kagame. str-fb/cyb/jh

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