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Turquie Russie défense armes USA diplomatie,PREV 12 Temmuz 2019 - 13:14

Ankara/Moscou: des relations au beau fixe après une grave crise (REPERES) Par Antoinette CHALABY-MOUALLA Paris, 12 juil 2019 (AFP) - La Turquie et la Russie ont renforcé leur coopération après une grave crise diplomatique fin 2015, Ankara prenant vendredi livraison de missiles S-400 russes, au grand dam de Washington. Les présidents Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, qui ont la main sur le dossier syrien avec l'Iran, ont tous les deux des relations tendues avec les Occidentaux. - "Coup de poignard" - Le 24 novembre 2015, un chasseur-bombardier Su-24 russe est abattu par deux chasseurs turcs F-16. Ankara affirme qu'il se trouvait dans l'espace aérien turc, Moscou assure qu'il a été abattu dans le ciel syrien. L'incident provoque la colère de la Russie qui dénonce "un coup de poignard dans le dos" et impose une série de sanctions contre la Russie. - "Regrets" - Le 27 juin 2016, M. Erdogan adresse un message au président russe dans lequel il exprime, selon lui, des "regrets" et des "condoléances" pour le pilote russe tué. Le Kremlin évoque des "excuses" turques. Le 29, M. Poutine ordonne la levée des sanctions dans le domaine touristique et la "normalisation" des relations commerciales, après sa première conversation téléphonique avec M. Erdogan depuis la crise. En juillet, il est l'un des premiers dirigeants étrangers à l'appeler après le putsch raté en Turquie, pour souhaiter un "retour rapide à la stabilité". - Erdogan en Russie - Le 9 août 2016, MM. Poutine et Erdogan promettent une "difficile" réconciliation lors de leur première rencontre à Saint-Pétersbourg. "Nous avons traversé une période très difficile dans nos relations et nous voudrions (...) la surmonter", déclare M. Poutine. Mais il prévient qu'il faudra "un travail difficile à faire pour réanimer la coopération économique et commerciale". - Gazoduc TurkStream - Le 10 octobre 2016, les deux pays scellent leur réconciliation, avec la signature d'un projet majeur de gazoduc à l'occasion d'une visite du président Poutine à Istanbul. Baptisé TurkStream, le projet permettra à la Russie d'acheminer du gaz vers la Turquie et l'Europe sous la mer Noire. La construction débute en 2017. - Entente sur la Syrie - La Russie, principale alliée avec l'Iran du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, soutien des rebelles, renforcent leur coopération sur le dossier syrien. En janvier 2017, les trois pays lancent le processus d'Astana, capitale du Kazakhstan (rebaptisée Nur-Sultan), sans les Etats-Unis, invitant représentants du régime et rebelles à des pourparlers. Le processus débouche sur la mise en place de "zones de désescalade" en Syrie. - Un "vrai partenariat" - Le 10 mars 2017, MM. Erdogan et Poutine se félicitent d'avoir entièrement normalisé leurs relations. "Nous considérons la Turquie comme notre partenaire le plus important", souligne M. Poutine, après une rencontre à Moscou. Les deux dirigeants signent un plan de coopération jusqu'à 2020 pour stimuler les échanges commerciaux. Fin mai, M. Poutine ordonne la levée de la majorité des sanctions. - S-400 russes - Le 12 septembre 2017, M. Erdogan affirme que la Turquie a signé avec la Russie un contrat portant sur l'achat de systèmes de défense antiaérienne S-400, malgré l'inquiétude des partenaires d'Ankara au sein de l'Otan. Vladimir Poutine "et moi-même sommes déterminés sur cette question", dit-il. - Centrale nucléaire - Le 3 avril 2018, MM. Poutine et Erdogan donnent le coup d'envoi de la construction de la première centrale nucléaire en Turquie. La centrale d'Akkuyu sera érigée dans la province de Mersin (sud) par le géant russe Rosatom. Le premier réacteur devrait être opérationnel en 2023. - Syrie: accord sur Idleb - En septembre 2018, Moscou et Ankara annoncent un accord sur une "zone démilitarisée" devant séparer les territoires aux mains des insurgés des zones gouvernementales et éviter une offensive du régime dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Mais les forces du régime, avec le soutien russe, ont intensifié leurs frappes aériennes sur ce dernier bastion jihadiste depuis fin avril 2019. - S-500 russes - Le 18 mai, M. Erdogan annonce que la Turquie et la Russie produiront conjointement des systèmes S-500 de défense antiaérienne et antibalistique, après la controverse sur l'achat de systèmes russes S-400. "Il n'est absolument pas question que (la Turquie) recule sur l'achat des S-400", dit-il. Les Etats-Unis s'opposent à cet achat, estimant que les systèmes russes ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l'Otan, dont Ankara est membre. acm/ang/ezz/phv

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