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Pakistan médias justice gouvernement armée 21 Ocak 2020 - 13:48

Pakistan : arrestation d'un journaliste pour des propos "anti-Etat" en ligne ATTENTION - Revoici sans coquille dans le prénom de l'avocat, Mian (et non Main) Dawood /// Islamabad, 21 jan 2020 (AFP) - Un journaliste pakistanais critique du gouvernement et de l'armée est emprisonné depuis cinq jours pour avoir publié en ligne des propos "anti-Etat", a indiqué mardi son avocat à l'AFP, une nouvelle illustration de la restriction des libertés au Pakistan. Azhar-ul Haq Wahid, qui travaillait pour une petite télévision et un journal au lectorat réduit, ironisait régulièrement sur l'exécutif pakistanais sur son compte Facebook. Il avait ainsi qualifié d'"animal de compagnie" de l'armée un ministre ayant récemment fait scandale pour avoir martelé, bottes militaires à la main, son soutien aux troupes. Dans un autre post, il avait regretté l'annulation mi-janvier de la condamnation à mort de l'ex-général Pervez Musharraf, selon lui une "moquerie" pour la Constitution. "Du contenu anti-Etat et diffamatoires contre des fonctionnaires et des départements étatiques" a été relevé sur son compte Facebook, pointe l'acte d'enquête de la police, dont l'AFP a obtenu copie. Azhar-ul Haq Wahid a été arrêté jeudi à Lahore (est). Emprisonné depuis, un tribunal doit décider mercredi de sa remise en liberté sous caution, selon son avocat Mian Dawood. Son arrestation "ne vise qu'à menacer la liberté de la presse, qui fait déjà l'objet d'une censure flagrante depuis trois ans au Pakistan", a déclaré Me Dawood à l'AFP. Il s'agit d'"une nouvelle tentative d'intimidation des journalistes", a déclaré dans un communiqué le responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières Daniel Bastard, demandant à la justice pakistanaise "d'abandonner les charges retenues contre lui et de le libérer immédiatement". M. Wahid risque selon RSF "jusqu'à trois ans de prison". Les médias pakistanais se plaignent d'être soumis à une censure et à des pressions croissantes, notamment en ligne, depuis l'élection en 2018 du Premier ministre Imran Khan, que l'opposition accuse d'avoir été porté au pouvoir par l'armée. En octobre, l'auteur d'un rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qui dénonçait les "intimidations" et les "restrictions de l'information" que l'armée a "discrètement mais efficacement imposées" aux médias, avait été refoulé à son arrivée au Pakistan. Interrogé en juillet à Washington sur la liberté d'informer dans son pays, Imran Khan avait assuré qu'il disposait d'"une des presses les plus libres du monde". "Dire qu'il y a des restrictions à l'encontre de la presse au Pakistan est une blague", avait-il ajouté. RSF avait relevé "l'indécence" de tels propos. jf/jhd

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