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Turquie Chypre diplomatie désarmement conflit 21 Ocak 2020 - 18:08

La Turquie empêche Chypre de participer à une session de la Conférence du désarmement Genève, 21 jan 2020 (AFP) - La Turquie a empêcher mardi Chypre de participer en tant qu'observateur à une session de la Conférence du désarmement à Genève, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. La Conférence du désarmement, composée de 65 membres, est une instance multilatérale, indépendante de l'ONU bien que basée dans le siège européen des Nations unies à Genève, et tous les pays membres de l'ONU n'en sont pas membres. Les pays peuvent toutefois participer aux sessions en tant qu'observateurs. Chypre, qui n'est pas membre de la Conférence, avait demandé à participer à la session, comme l'on fait beaucoup d'autres pays. Seule la demande déposée par Chypre a été refusée, en raison de l'opposition de la Turquie. Le représentant turc a expliqué que son pays s'était abstenu par le passé de bloquer la participation de Chypre à la Conférence, se contentant d'exprimer son mécontentement sur cette participation à écrivant une lettre à la fin de chaque session. Mais cela a changé, a-t-il dit, soulignant que "la Turquie ne soutiendra pas cette demande particulière cette année". Les Etats-Unis et l'UE ont déploré la décision de la Turquie. "Il est regrettable que la Turquie ait décidé d'empêcher Chypre de participer aux travaux de la Conférence", a déclaré l'ambassadeur américain auprès de la Conférence, Robert Wood, exhortant "la Turquie à reconsidérer" sa position. La décision de la Turquie intervient alors que les réserves de gaz et de pétrole au large de Chypre sont à l'origine ces derniers mois d'une dispute avec la Turquie, dont l'armée occupe depuis 1974 le tiers nord de l'île, membre de l'UE. La Turquie multiplie depuis plusieurs mois les initiatives en Méditerranée orientale où la découverte ces dernières années d'importants gisements gaziers, notamment au large de Chypre, a creusé l'appétit des pays riverains. Dans ce contexte, l'accord conclu fin novembre à Istanbul par le président turc Recep Tayyip Erdogan et le chef du gouvernement de Tripoli, Fayez al-Sarraj, a suscité les vives critiques de plusieurs pays, notamment la Grèce et Chypre. Selon Ankara, cet accord permet à la Turquie d'avoir des revendications sur certains gisements et d'avoir son mot à dire sur le projet de gazoduc EastMed, qui vise à exporter en Europe centrale du gaz israélien et traverserait la zone revendiquée par les Turcs. Ce projet de gazoduc EastMed a été signé début janvier par la Grèce, Chypre et Israël, malgré l'hostilité de la Turquie à l'égard de cet accord. nl/apo/lpt

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