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diplomatie Afghanistan USA taliban armée,PREV 25 Şubat 2020 - 10:09

Afghanistan : la situation actuelle, ce qu'on peut attendre (QUESTIONS-REPONSES) Par Elise BLANCHARD Kaboul, 25 fév 2020 (AFP) - Une trêve partielle est en cours depuis samedi en Afghanistan, qui doit mener à la signature le 29 février d'un accord historique entre Washington et les talibans, visant à mettre fin à la plus longue guerre dans l'histoire des États-Unis. Le déroulement des jours à venir reste cependant incertain. - Est-ce un cessez-le-feu ? Non, il s'agit d'une semaine de "réduction des violences" durant laquelle les deux camps s'engagent à diminuer le nombre de leurs attaques. Le respect de cette trêve partielle est un préalable à la signature d'un accord entre Washington et les insurgés sur le retrait des troupes américaines d'Afghanistan en échange de garanties sécuritaires. Cette semaine est donc un test, dont le but est de démontrer la bonne volonté des talibans, et, surtout, leur capacité à contrôler leurs troupes sur le terrain. Les forces américaines disent espérer une "réduction de la violence significative sur tout le territoire". De leur côté, les troupes afghanes demeurent "en position défensive", selon le président afghan Ashraf Ghani, récemment réélu. Le porte-parole taliban Zabiullah Mujahid a rejeté l'idée d'un "cessez-le-feu", ajoutant que la trêve ne couvrait que les "capitales provinciales, quartiers généraux de l'armée, divisions, centres de bataillons et bases des forces étrangères", mais pas les routes ni les campagnes. - La trêve est-elle respectée ? Il y a déjà eu des attaques talibanes mineures contre les forces gouvernementales depuis samedi dans les campagnes. Cela n'a pourtant pas mis fin à la trêve. Il suffit aux talibans de réduire le nombre de leurs attaques à 20 ou 30, quand 50 à 90 sont recensées quotidiennement, pour respecter la trêve partielle, estime Ashley Jackson, du centre de recherche britannique Overseas development institute. - Que doit-il se passer samedi ? Si la trêve partielle est respectée, États-Unis et talibans doivent signer un accord historique, négocié depuis plus d'un an, dont l'objectif côté américain est de mettre fin à 18 ans de guerre. Les États-Unis s'engagent à retirer une partie de leurs 12.000 à 13.000 militaires actuellement déployés en Afghanistan pour n'en garder initialement que 8.600. Le reste du contingent quitterait le pays progressivement si certaines conditions sont respectées par les talibans. Il continuerait entretemps ses opérations de contre-terrorisme. En échange du retrait américain, les insurgés promettent qu'aucun groupe terroriste ne sera hébergé sur le sol afghan, comme l'était Al-Qaïda avant les attentats du 11 septembre 2001. - Qu'attend-on ensuite ? La suite sera définie par des négociations intra-afghanes, entre les talibans et une délégation que l'envoyé américain Zalmay Khalilzad a décrite comme "inclusive" et contenant "des figures importantes du gouvernement, de responsables clefs de partis politiques, des membres de la société civile, et de femmes". Ces discussions visent à définir l'avenir du pays et notamment qui le dirigera et comment, ainsi que la manière dont les talibans seraient intégrés dans la société. Beaucoup pensent que ces négociations seront plus ardues que celles entre insurgés et Washington. Vanda Felbab-Brown, analyste au centre de recherche américain Brookings Institution, estime qu'elle prendront "des années", durant lesquelles les combats entre forces afghanes et talibans devraient perdurer. Le contexte politique, avec des rivalités fortes entre les principales figures, et les résultats de l'élection présidentielle de septembre toujours contestés, risque aussi d'être un obstacle. Selon l'analyste politique Mariam Safi, ces disputes vont "retarder la mise en place d'une équipe de négociation", car il est "peu probable" que celle présentée par Ashraf Ghani soit acceptée par tous. eb/jf/jhd

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