AFP

diplomatie Allemagne France défense nucléaire,PREV 14 Şubat 2020 - 20:58

Défense européenne: l'Allemagne peu emballée par les propositions de Macron (PAPIER D'ANGLE-ACTUALISATION) Par Yacine LE FORESTIER =(Photo+Video)= ATTENTION - ajoute source diplomatique allemande /// Munich (Allemagne), 14 fév 2020 (AFP) - L'Allemagne, très attachée à sa tradition atlantiste, a accueilli vendredi assez fraîchement les appels d'Emmanuel Macron à un renforcement de la défense européenne et à un dialogue "stratégique" sur la force de frappe nucléaire française. "Il ne suffit pas de renforcer l'Union européenne dans le domaine militaire, nous devons aussi continuer à investir dans le lien transatlantique", a déclaré le chef de l'Etat allemand Frank-Walter Steinmeier en ouverture de la Conférence de sécurité de Munich. "La sécurité de l'Europe est basée sur une alliance forte avec les Etats-Unis", a ajouté M. Steinmeier, qui ne dispose pas de pouvoir exécutif mais dont la voix compte en Allemagne. "C'est là qu'un grand nombre de nos partenaires en Europe centrale et orientale voient leur sécurité existentielle garantie", a-t-il fait valoir. - 'Mort cérébrale ' - Les propos du président français fin 2019 proclamant dans une interview la "mort cérébrale" de l'Otan sont très mal passés en Allemagne, pays qui compte sur le parapluie militaire américain depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. M. Macron doit s'exprimer samedi lors de la conférence de Munich et aura l'occasion de répondre à ces craintes. Il avait commencé à le faire dans son récent discours à Paris devant l'Ecole militaire, en soulignant l'importance du lien avec les Etats-Unis. "Mais notre sécurité passe aussi, inévitablement, par une plus grande capacité d'action autonome des Européens", a-t-il estimé, invitant les Européens à ne pas "se cantonner à un rôle de spectateurs". Il leur a notamment proposé "un dialogue stratégique" sur "le rôle de la dissuasion nucléaire française" dans la sécurité collective de l'Europe. Une ouverture destinée principalement à l'Allemagne. Cela pourrait passer par des exercices communs de dissuasion ou l'utilisation de bases européennes par les forces stratégiques françaises. Tant le chef de l'Etat allemand que le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas ont salué poliment à Munich l'initiative et promis de "saisir" l'offre de dialogue. Mais sans plus. M. Maas a surtout insisté pour que la défense de l'UE reste "un pilier européen de l'Otan". - 'Pas clair ' - "A ce stade, pour nous, il n'est pas tout à fait clair quelle sera la nature de ce dialogue, la nature des exercices dont on parle", décrypte une source diplomatique allemande. "L'Allemagne a renoncé à l'arme nucléaire, je ne vois pas un grand mouvement" pour revenir sur ce point "par l'intermédiaire d'une association au dispositif français", ajoute cette source. "Au sein du ministère (allemand) des Affaires étrangères, on travaille à l'objectif d'un monde sans arme nucléaire et l'on préfèrerait ne pas envisager du tout une force de dissuasion européenne", renchérit le magazine allemand Der Spiegel. Pendant ce temps, au ministère de la Défense, dirigé par l'actuelle présidente du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU), Annegret Kramp-Karrenbauer, "on craint manifestement que le seul fait de discuter d'une force de dissuasion nucléaire européenne n'affaiblisse l'Otan ou ne donne un prétexte aux Etats-Unis pour remettre en cause leur garantie de sécurité", ajoute-t-il. L'Allemagne reste aussi prompte à soupçonner la France de promouvoir la défense européenne pour surtout servir ses propres intérêts "Macron nous a toujours invités à penser européen", a dit mercredi un proche d'Angela Merkel, Johann Wadepul, vice-président du groupe parlementaire CDU. "Mais on ne peut pas seulement européaniser ce qui est cher aux Allemands", comme le budget de la zone euro porté par le chef de l'Etat français, "il faut aussi européaniser ce qui est cher aux Français et c'est le cas de la force de frappe française", a-t-il ajouté, après avoir récemment proposé que Paris fasse passer ses armes nucléaires dans le giron de l'UE ou de l'Otan. Une évolution qu'exclut totalement la France. ylf/vl/sg

82. Sayı