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virus santé épidémie transport Chine Russie,PREV 19 Şubat 2020 - 15:43

Coronavirus : la Russie se ferme aux Chinois (PAPIER D'ANGLE) Par Andrea PALASCIANO =(Photo+Video archives)= Moscou, 19 fév 2020 (AFP) - Touristes, étudiants, main-d'oeuvre : aucun ressortissant chinois ne pourra plus entrer en Russie à partir de jeudi, point d'orgue des mesures sanitaires prises contre le nouveau coronavirus, malgré le coût économique pour le tourisme et les régions frontalières. Annoncée mardi soir par un décret laconique, cette décision aboutit à davantage encore durcir le régime déjà très strict destiné à empêcher la propagation du Covid-19. Officiellement, la Russie n'a plus de malades du nouveau coronavirus sur son territoire depuis la sortie d'hôpital la semaine dernière des deux seuls patients, des ressortissants chinois. Moscou avait déjà fermé ses quelque 4.250 km de frontières avec la Chine, coupé les liaisons ferroviaires de passagers et restreint le nombre des vols vers des villes chinoises. Désormais, les Chinois ne pourront plus que transiter via la Russie, une escale populaire vers et à partir de l'Europe. Et la compagnie aérienne Aeroflot est désormais la seule à avoir des vols vers la Chine. Si le coût économique précis de ces mesures n'est pas connu, leur impact ne fait aucun doute. En 2019, 2,3 millions de citoyens chinois sont entrés en Russie, dont 1,5 million de touristes et plus de 320.000 pour des voyages d'affaires. Les Chinois sont le premier groupe touristique de Russie, visitant Moscou et Saint-Pétersbourg mais aussi le lac Baïkal et la péninsule du Kamtchatka (Extrême-Orient). Le tourisme avait déjà été fortement restreint dès janvier par les autorités chinoises puis russes, qui de facto ont mis un terme au voyage des groupes de Chinois en Russie, interdisant départ et délivrance de visas. Dorénavant, ce sont les voyageurs individuels qui voient la destination russe se fermer. - Perte colossale - Les groupes constituaient "environ 80% du flux touristique en provenance de Chine", a déclaré à l'AFP Irina Tiourina, du service de presse de l'Union russe de l'industrie du voyage : "Autrement dit, le flux s'était asséché et désormais il est figé". "Bien sûr, les pertes sont colossales", a-t-elle ajouté, soulignant néanmoins que celles-ci concernent avant tout les entrepreneurs chinois, les dépenses des touristes dans l'économie locale russe étant encore très faibles. "Ils mangent dans des restaurants chinois et sont emmenés dans des magasins réservés aux Chinois (...) ce sont (des activités) gérées par des hommes d'affaires chinois", explique Irina Tiourina. Les pertes de l'industrie du voyage russe pour février et mars se chiffrent tout de même, d'après les prévisions, à 2,8 milliards de roubles (40,7 millions d'euros au taux actuel), a assuré à la radio Echo de Moscou le vice-président de l'Association des voyagistes russes Dmitri Gorine. Au-delà du secteur touristique, les régions frontalières connaissent des problèmes d'un autre ordre. Du fait du manque de main-d'oeuvre russe, les travailleurs chinois y étant nombreux, présents notamment dans les grands projets de construction et l'importation de produits de consommation. - Sans conséquences - "Il s'agit d'une mesure provisoire (...), elle n'affectera pas les grands projets", assure Alexandre Abramov, le directeur du Centre pour le développement économique et l'intégration de la Russie en Asie-Pacifique à l'Université fédérale d'Extrême-Orient, cité par l'agence de presse RIA Novosti. "Un mois ou deux (sans travailleurs chinois), c'est possible sans conséquences ou presque", a-t-il ajouté. Reste aussi à voir comment cette interdiction sera appliquée et si elle concerna uniquement les Chinois venant de Chine ou aussi ceux passant par des pays voisins de la Russie, comme le Kazakhstan, note Vladimir Volokh, l'ex-directeur adjoint du service fédéral des migrations cité par le quotidien russe Kommersant. Certains observateurs ont pour leur part exprimé leur étonnement face à la fermeté de la Russie, où les cas ont été anecdotiques, les autorités chinoises estimant par ailleurs que la propagation du virus est en voie d'être contrôlée. Cette mesure "draconienne" est peut-être due "à une sinophobie latente parmi les Russes", estime sur Twitter Alexandre Gabouïev, un analyste du centre Carnegie à Moscou. "Au vu de la situation économique fragile, le Premier ministre (Mikhaïl) Michoustine (prend des mesures) populistes et met l'accent sur la sécurité", ajoute-t-il. bur-apo/alf/bds

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